Lundi 14 avril 2014 1 14 /04 /Avr /2014 20:32

Début d'une crise ou première étape vers la reconquête ? L'avenir nous le dira. Toujours est-il que Stefano Domenicali, directeur de la gestion sportive de la Scuderia Ferrari depuis 2008 a aujourd'hui démissionné (ou a été démissionné...) de son poste. Il sera remplacé par Marco Mattiacci.

 

2012 Italian GP - Alonso on pitStefano Domenicali n'aura donc pas survécu au difficile début de saison 2014 de la Scuderia Ferrari, et surtout au calamiteux Grand Prix de Barhein, qui avait vu le duo Fernando Alonso-Kimi Raikkonen rejoindre l'arrivée aux 9e et 10e positions. La mine déconfite de son président Luca di Montezemolo, qui avait d'ailleurs préféré quitter le circuit avant le terme de la course, laissait deviner que l'humiliation ne resterait pas sans suite. Que Domenicali quitte la Scuderia est donc loin d'être une surprise, même si on n'imaginait peut être pas une décision aussi rapide.

 

On ne peut pas reprocher spécifiquement à Stefano Domenicali le ratage de la F14T. Il n'est pas ingénieur, ce n'est pas lui qui a fait les mauvais calculs ou choisi les mauvaises orientations techniques. Le problème est que la F14T est la descendante d'une lignée de plusieurs monoplaces peu ou pas assez performantes. Les ingénieurs réputés se succèdent à Maranello, mais rien n'y fait, invariablement, depuis 5 ans, la mayonnaise ne prend pas. Ce n'est pas un problème ponctuel d'individualités, mais bien un souci structurel, organisationnel. Or, l'organisation de la Scuderia, c'est Domenicali et personne d'autre qui en est responsable. Le temps était venu d'en tirer les conséquences.

 

Son remplaçant, Marco Mattiacci, est un illustre inconnu dans le milieu du sport automobile. Son nom doit par contre être familié des lecteurs des magazines "business", car le nouvel homme fort de la Scuderia possède un solide CV. Salarié de Ferrari depuis une quinzaine d'années, il était  jusqu'à aujourd'hui le Président de Ferrari en Amérique du Nord, un poste qui a lui a valu de recevoir en 2012 le Automotive Executive of the Year Award en récompense de ses succès commerciaux.

 

Pour tout dire, il y a quelque chose de presque incongru à voir Mattiacci prendre aujourd'hui la place de Stefano Domenicali. Son profil le prédestinerait en effet plutôt au fauteuil de Luca di Montezemolo. Son arrivée à la tête de la Gestion Sportive pourrait donc n'être qu'une étape intermédiaire.


Photo : Francesco Crippa sous licence Creative Commons Attribution 2.0 Generic.

Par Thibaut - Publié dans : Formule 1 - Communauté : Fans de Formule 1
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 13 avril 2014 7 13 /04 /Avr /2014 20:14

La saison 2014 de WTCC a débuté ce week-end. Compte tenu du tapage autour de cette reprise dans les médias français, y compris généralistes, il était difficile de passer à côté. Citroën + Loeb et une probable avalance de victoires à la clé, on tient là le cocktail parfait pour intéresser le télespectateur français. Mais sur ce blog, le WTCC aura la couverture qu'il mérite, celle d'un championnat au niveau très faible, indigne du label "championnat du monde" que la FIA lui a accordé il y a bientôt 10 ans.

 

2013_10_05_12-07Rallye_France-_Parc_assistance_Colmar-_Seb.JPGSébastien Loeb est le plus grand pilote de l'histoire du rallye. Et l'un des plus grands pilotes de l'histoire du sport automobile, toutes disciplines confondues. Ce n'est pas une raison pour essayer de nous faire avaler n'importe quoi, et de nous vendre des exploits qui n'en sont pas.

 

On nous a déjà fait le coup l'an dernier, lorsqu'une presse, au mieux incompétente (les médias dits "spécialisés" n'ont pas fait exception) au pire complaisante, nous a vendu le succès de Loeb à Pikes Peak comme quelque chose d'historique, de phénoménal. Oubliant au passage que Pikes Peak, bien que célèbre, reste une épreuve disputées par de joyeux amateurs bricolos du dimanche, et que à elle seule, la Peugeot de Loeb valait le budget de tous ses concurrents réunis. J'exagère à peine. Quant au fameux record, pas grand monde n'a pris la peine de préciser que c'était la première fois que la montée se faisait sur un parcours intégralement bitumé, et par temps sec.

 

Aujourd'hui, c'est le WTCC qu'on essaye de nous survendre. "Championnat du monde", le label claque. Le niveau, beaucoup moins. Citroën a beau être novice dans la discipline, c'est loin d'être à un Himalaya que la marque aux chevrons s'attaque. Juste à une petite colline, peuplée d'écuries privées et de pilotes au talent improbable. Tout n'est pas complètement moisi puisque Citroën aura une écurie officielle en face d'elle, à savoir Honda (faut-il vraiment évoquer le cas Lada ?). Mais il apparaît clairement que Honda, dont l'engagement officiel passe par les Italiens du JAS Motorsport, n'a pas mis autant de moyens dans la balance que Citroën. Savoir que la marque japonaise part au combat avec un duo constitué de Gabriele Tarquini (ancien champion du monde de la discipline, mais 52 ans au compteur) et du fade Tiago Monteiro (jamais mieux classé que 5e au championnat depuis 2007) en dit long sur ses véritables ambitions. Le combat est déséquilibré et les futurs succès de Loeb vaudront ce qu'ils vaudront, c'est à dire pas beaucoup plus qu'une belle performance dans un championnat GT de gentlemen-drivers.

 

Photo : Florival fr sous Creative Commons paternité – partage à l’identique 3.0 (non transposée).

Par Thibaut - Publié dans : Berlines - Communauté : Sports Mécaniques
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 8 avril 2014 2 08 /04 /Avr /2014 19:11

Le GP2 Series, qui ces deux dernières saisons, n'avait pas été très palpitant à suivre, retrouve un certain intérêt cette année. Si le championnat reste hélas encombré pas de nombreux multi-redoublants fortunés au talent incertain, deux rookies prometteurs viennent rehausser le niveau et mériteront d'être surveillés attentivement.

 

Ces deux garçons à tenir à l'oeil sont Raffaele Marciello Stoffel Vandoorne, respectivement protégés de Ferrari et de McLaren. L'Italien est le champion d'Europe de Formule 3 en titre, et le Belge est vice-champion de la Formule Renault 3.5. Des deux, Vandoorne est probablement le plus intéressant. On le compare beaucoup à Kevin Magnussen, son compère de la filière McLaren, mais sa carrière météorique, quasiment sans accroc, fait surtout penser à Lewis Hamilton ou Nico Hulkenberg. Si Marciello s'est montré plutôt discret à Sakhir pour l'ouverture de la saison de GP2, Vandoorne, lui, n'a pas déçu : première course, première victoire. La réussite n'a pas été au rendez-vous lors de la seconde manche, suite à un accrochage avec Abt, mais peu importe, le GP2 tient sa nouvelle star.

 

Classement des deux manches du meeting de Sakhir :

 

  Course longue Course sprint
1 BE Stoffel Vandoorne EN Jolyon Palmer
2 CO Julian Leal CH Simon Trummer
3 EN Jolyon Palmer CO Julian Leal
4 MC Stefano Coletti BR Felipe Nasr
5 FR Arthur Pic MC Stéphane Richelmi

 

Classement du championnat :

 

1 EN Jolyon Palmer DAMS 38
2 CO Julian Leal Carlin 28
3 BE Stoffel Vandoorne ART Grand Prix 25
4 CH Simon Trummer Rapax 18
5 BR Felipe Nasr Carlin 12
Par Thibaut - Publié dans : GP2 Series - Communauté : Sports Mécaniques
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 7 avril 2014 1 07 /04 /Avr /2014 21:20

Dans l'ombre d'un passionnant grand prix de Formule 1, pas facile pour le WRC d'exister ce week-end. On a eu droit à un scénario assez habituel, avec un Latvala qui part à la faute, et un Ogier qui déroule. Le seul léger frisson est venu de Mikko Hirvonen, qu'on n'avait pas vu évoluer à un tel niveau depuis bien longtemps, et qui a réussi à taquiner Ogier pendant la moitié de l'épreuve. Pas de quoi s'enthousiasmer pour autant.

 

Résultats du Rallye du Portugal 2014 : 

 

1 FR Sébastien Ogier Volkswagen Polo 3h33'20"4 25+3
2 FI Mikko Hirvonen Ford Fiesta + 43"2 18
3 NO Mads Ostberg Citroën DS3 + 1'12"4 15+1
4 NO Andreas Mikkelsen Volkswagen Polo + 4'50"5 12
5 NO Henning Solberg Ford Fiesta + 5'10"2 10

 

Classement du championnat du monde :

 

1 FR Sébastien Ogier Volkswagen Polo 91
2 FI Jari-Matti Latvala Volkswagen Polo 62
3 NO Mads Ostberg Citroën DS3 48
4 NO Andreas Mikkelsen Volkswagen Polo 36
5 FI Mikko Hirvonen Ford Fiesta 36
Par Thibaut - Publié dans : Rallyes - Communauté : Sports Mécaniques
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 6 avril 2014 7 06 /04 /Avr /2014 23:31

Après deux premières courses en demi-teinte, la Formule 1 a retrouvé de belles couleurs à Bahrein. De quoi, on peut l'espérer, mettre un terme aux ridicules polémiques de ces dernières semaines.

 

Mercedes_F1_W05_frontwings.jpgLe spectacle est de retour

 

Le Grand Prix auquel nous avons assisté ce week-end était tout simplement l'un des plus beaux de ces dernières années : de la bagarre à tous les étages, et une somptueuse lutte fratricide entre les deux pilotes Mercedes, en tête de la course. La FIA a donc entendu les critiques de ces dernières semaines et corrigé son réglement sportif ? Et bien non, la FIA n'a rien changé du tout, preuve que, comme je le disais il y a une semaine, le spectacle ou le manque de spectacle n'a rien à voir avec le règlement, mais tient plutôt à des questions de rapports de force entre les différents concurrents. Si deux pilotes sont séparés de 10 secondes en piste, ils ne vont evidemment pas se battre roues contre roues et le règlement n'a rien à y voir. Cela semble simple à comprendre, et pourtant...

 

Jean Todt est resté droit dans ses bottes en refusant de céder à la panique (même s'il semble qu'il va lâcher du lest sur la question du bruit des moteurs, autre polémique ridicule) et il a eu bien raison. Cette histoire démontre hélas la mauvaise foi de nombreux acteurs de la Formule 1. On pense bien sur aux dirigeants de Ferrari et de Red Bull (qui s'y connaissent pourtant en domination écrasante et en manque de spectacle) qui ont tenté ces derniers jours de récupérer en coulisses ce qu'ils ont perdu en piste. On pense aussi à Bernie Ecclestone, dont chacune des paroles doit être analysée sous l'angle de la guerre larvée qu'il mène contre Jean Todt et la FIA. Il était également bien dommage d'entendre tant de fans s'engouffrer dans cette pensée unique, sans chercher à comprendre, ni même à faire preuve de la plus élémentaire patience.

 

Hiérarchie toujours en mouvement

 

La vérité de Sepang n'est pas forcément celle de Bahrein. Il y a une semaine, j'expliquais qu'il ne fallait pas surestimer le paramètre moteur, en mettant en avant les belles performances de Red Bull et, à un degré moindre, de Ferrari. C'était vrai dans les grandes courbes de Sepang, mais à Sakhir, la puissance pure a parlé. En plaçant 6 de ses moteurs aux 8 premières places, Mercedes a frappé fort. L'addition aurait même pu être plus salée  si les Red Bull n'avaient pas profité de l'intervention du safety-car et de leur meilleure monte pneumatique en fin de course pour passer les Williams et embêter les Force India.

 

S'il y a quelque chose qui ne change pas par contre, c'est la très large domination de Mercedes. Une supériorité qui serait irrespirable si Hamilton et Rosberg ne nous avaient pas offert un duel d'une telle intensité. Bravo aux dirigeants de Mercedes d'avoir laissé leurs pilotes en découdre de la sorte, même si le changement de stratégie de Rosberg ressemblait beaucoup à une volonté d'éviter un affrontement trop direct. 

 

Photo : J.H. Sohn sous licence Creative Commons paternité 2.0 générique.

Par Thibaut - Publié dans : Formule 1 - Communauté : Sports Mécaniques
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés